LA LANGUE D'OC RETABLIE    par Antoine Fabre d'Olivet

DICTIONNAIRE OCCITAN- FRANÇAIS

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VOCABULAIRE OCCITAN

Observations préliminaires sur le vocabulaire Par Antoine Fabre d'Olivet

 

J'aurais désiré beaucoup pouvoir réunir à la grammaire de la Langue d'Oc, un dictionnaire complet de cette langue ; mais un pareil ouvrage qui fournirait à lui seul plusieurs volumes considérables, sortirait nécessairement du cadre de celui-ci, et demanderait plus de temps et de travaux que je n'en puis consacrer à cette étude; J'ai dû, en conséquence, me borner à un simple vocabulaire, contenant ceux des mots oscitaniques les plus radicaux et les plus propres à faire connaître le génie de la langue dont j'ai développé les principes. Peut-être se trouvera-t-il dans la suite, quelque littérateur oscitanique, qui jouissant de plus de loisir, fera ce que je n'ai pu faire. C'est pour lui montrer en quelque sorte, de quelle manière je conçois que devrait être composé ce dictionnaire, que j'ai écrit avec étendue les premières pages de mon vocabulaire. C'est ainsi que j'aurais voulu l'écrire entièrement, mais comme la langue d'Oc réclame la plupart des mots français, espagnols, ou italiens, on conçoit dans quelles interminables longueurs une pareille entreprise m'aurait entraîné. Je déclare pourtant que c'est avec regret que j'y renonce. Je suis loin d'être content des dictionnaires, prétendus languedociens, qui existent. Dans la première édition de mon Troubadour, faite en 1804, j'exprimais vertement ma pensée à l'égard de celui de M. l'Abbé S... ; et quoique cet ouvrage ait gagné considérablement dans l'édition qui en a été faite à Nîmes, en deux volumes, in-8°, édition dont je n'avais pas alors connaissance, il est encore fort éloigné de la perfection sous le rapport de l'orthographe et des principes de la gram­maire. C'est toujours le même galimatias alphabétique, où l'ignorance la plus profonde des premiers éléments de l'idiome oscitanique se manifeste à chaque mot. Le nouvel éditeur ne distingue pas davantage le verbe du facultatif, ni le facultatif du substantif ; il donne pour finale féminine la voyelle o qui est masculine ; et cela, avec d'autant moins de sens, qu'il cite lui-même des phrases anciennes où l'on remarque constamment la voyelle a. Il emploie la consonne q sans u dans les mots qante, quan, që ; ce qui est barbare et contraire à l'usage des Espagnols et des Français qui l'ont adopté des Oscitaniques ; il se sert de la consonne k qui est étrangère à l'idiome, et dénature l'étymologie ; enfin il montre trop évidemment qu'il regarde comme un patois la langue dont il s'occupe. Son ouvrage a besoin d'être refondu. Tel qu'il est néanmoins, il peut encore fournir un grand nombre de matériaux à celui qui voudra entreprendre d'écrire le dictionnaire dont je ne donne ici que l'esquisse.

Ce dictionnaire pour être tel que je le conçois, demandera beaucoup de travail ; il exigera de celui qui l'entreprendra la connaissance de l'hébreu, du grec, du latin, du français et une teinture ou du moins la possession des livres élémentaires de l'allemand, de l'anglais, du celte Armorique ou breton, de l'oscare ou basque, de l'espagnol et de l'italien. On ne doit pas à moins prétendre à faire jamais un bon dictionnaire oscitanique. Ce dictionnaire est pourtant d'une telle nécessité, que sans lui on n'aura jamais une base complète à donner aux trois idiomes analogues, français, espagnol et italien.

Le vocabulaire que je donne ici contient près de dix mille mots dont une grande partie sont radicaux ; et pourtant il est certain qu'il ne comprend pas le tiers de ceux qui pourraient être employés dans la langue d'Oc. On doit faire attention en cherchant un mot dans ce vocabulaire, que les mots n'y sont pas toujours rangés en ordre alphabétique rigoureux ; mais que, voulant particulièrement favoriser l'étymologiste, j'ai rangé, au tant que je l'ai pu, les dérivés au dessous de leurs radicaux. Ces radicaux suivent entre eux l'ordre alphabétique ; mais les dérivés s'en écartent plus ou moins selon leur forme. Le cas qui les en éloigne le plus, c'est lorsque, par exemple, le mot radical se compose de la voyelle o, qui se change toujours en ou dans les dérivés. Ainsi le mot, bord ou borda entraîne après lui bourdalié, bourdeû, etc... Ainsi le mot bosc, demande d'être suivi de bouscal, bouscard, bouscarida, etc... Il en est à peu près de même des radicaux où la voyelle u, du radical se change en l ou en v, dans les dérivés; comme dans le mot riû, qui force à se grouper autour de lui rilhoù et rivage, etc... Ce léger inconvénient qui se borne à exiger un peu plus d'attention du lecteur superficiel, est plus que compensé par les avantages qu'il procure au lecteur curieux, en lui offrant sous le même point de vue une série de mots qui l'éclairent sur la marche étymologique, et sur le génie des langues, en général.

 

 

 

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