LA LANGUE D'OC RETABLIE    par Antoine Fabre d'Olivet

DICTIONNAIRE OCCITAN- FRANÇAIS

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ANTOINE FABRE D'OLIVET

Antoine Fabre d'Olivet

BIOGRAPHIE       

Poète français et languedocien, auteur dramatique, musicien et musicographe, linguiste, historien, philologue, théosophe, etc... Fabre d'Olivet eut une activité qui tient du prodige.

Cet homme si actif connaît plus d'une quinzaine de langues. Il connaît à fond la littérature grecque et latine, et parle l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'italien, le portugais et l'occitan. Il a la connaissance du celte, du tudesque, du goth, etc... Il étudie toutes les langues et les dialectes sémitiques, l'hébreu, l'arabe, le samaritain, le syriaque, le chaldéen, le copte, etc... Il étudie aussi le chinois, le sanscrit, les hiéroglyphes égyptiens.

Après cet étonnant préambule, sans doute allez-vous penser, et vous auriez raison, qu'il faudrait toute une équipe pour étudier de façon com­plète l'œuvre d'un homme aussi actif et aussi savant.

Nous nous contenterons de parcourir les étapes les plus importantes de la vie de Fabre d'Olivet et de signaler en leur temps ses oeuvres.

 

Notre auteur naquit à Ganges (Hérault) le 8 décembre 1767. Aîné d'un frère et de quatre sœurs, il appartenait à une famille protestante. Ses parents possédaient une fabrique de bas de soie à Ganges. Nous n'avons que peu de détails sur l'enfance et la prime jeunesse de Fabre d'Olivet. Jusqu'à l'âge de dix ans, il parle la langue d'Oc qu'il apprit avec sa mère dont il vantera plus tard la qualité stylistique des lettres.

Dès l'âge de onze ans, son père, le destinant au commerce, l'envoie à Paris pour y faire ses études. Dès 1780, lui vint le goût des lettres et de la musique. Le célèbre chirurgien et accoucheur, le doct touSigault, avec qui il entra en relation, remarqua son intelligence réfléchie et le guida dans des études médicales assez complètes.

Pendant ses années d'adolescence, il se fit connaître dans les salons qu'il fréquentait, par la production de pièces de circonstance; : l'une d'elles eut assez de succès pour se voir attribuer à Fabre d'Eglantine. Afin d'éviter le fâcheux d'une semblable confusion, notre jeune poète demanda et obtint le droit légal d'ajouter à son nom celui de sa mère Olivet et désormais il signera ses oeuvres : Fabre d'Olivet.

Sur ces entrefaites et au moment où renonçant au commerce, il s'était décidé à vivre de sa plume, la révolution éclate en 1789. Il sera ce que l'on appelait un "Patriote" ouvert aux idées nouvelles.

Il écrivit en 1789 une pièce "Le Génie de la Nation" qui fut représentée au Théâtre des Associés, pièce héroï-comique qui eut 200 représentations dont il fit distribuer la recette aux pauvres.

La révolution ruine son père. Après un voyage en Allemagne, puis dans la région de Ganges, Fabre d'Olivet sauve quelques débris du patrimoine familial, ce qui permet à ses parents et à ses sœurs cadettes de se retirer à Saint-Hippolyte du Gard. Il retourne à Paris et se plonge à corps perdu dans des études philologiques et philosophiques, malgré le terrible tourbillon de la tourmente révolutionnaire. Il ne s'en distrait que pour sou­tenir un train de vie plus que modeste par quelques travaux de littérature courante. Il donne des poésies au journal appelé "l'Invisible", des romans à une collection bi-mensuelle, un recueil de jeux de société qui eut un grand succès et enfin la première édition de "Azalaïs".

A cette période, son frère était sous les drapeaux ; il devait périr dans la malheureuse expédition de Saint-Domingue. Lui-même, enfin, grâce à la protection de Bernadotte qu'il connaissait depuis 1789, put entrer au Ministère de la Guerre, au bureau du personnel du Génie, aux appointements de 3000 F. De faux rapports l'avaient signalé à la haine de Napoléon, ce n'est que grâce à la protection du Comte Lenoir de La Roche

qu'il fut rayé de la liste des deux cents proscrits qu'on envoya périr sur les côtes de l'Afrique. Il laissa, croit-on, cet emploi en 1802, pour entrer au Ministère de l'Intérieur qu'il quitta très vite ; sa pension fut liquidée par le Duc de Feltre ; il resta douze ans en retraite et dans le travail le plus opiniâtre. C'est vers cette époque qu'il noue des relations avec Valentin Haüy qui l'aide puissamment dans le détail matériel de ses entreprises. Il écrit alors beaucoup de romances et fait graver un quatuor pour deux flûtes, piano et basse, dédié à lgnaz Pleyel.

Il effectua des recherches sur le système musical des Grecs, et il en composa un troisième mode : mode hellénique dont la distribution harmonique est différente. C'est dans ce mode qu'il composa un Oratorio, exécuté en 1804, dans le Temple de la religion réformée, par les premiers artistes de l'Opéra, pour le couronnement de Napoléon. Plus de mille spectateurs y assistèrent, et il y en eut d'élogieux comptes rendus. C'est de cette découverte que traite son opuscule sur "La musique comme une science et un art".

En 1804, après un voyage à Nîmes et à Saint-Hippolyte-du-Fort, il publie chez Henrichs, toujours à Paris : "Le Troubadour, poésies oscitaniques", contenant "Les amours de Rose et de Ponce de Meyrueis" qui est un roman de Troubadour, "La Cour d'Amour" où l'auteur recrée l'atmosphère de ces assemblées si caractéristiques de la civilisation occitane du Moyen Age. Cet ouvrage, qui marquait la renaissance de la langue d'Ornot. Oun très grand retentissement.

En 1805, il épouse Mademoiselle A. Warin, d'une famille proche d'Agen, instruite, auteur elle-même d'écrits estimés, et avec laquelle il fonde dans le silence une famille où les plus solides vertus furent pratiquées. Dans cette retraite, il complète une érudition déconcertante. Avec Elious Boctor, l'interprète arabe qui avait servi le premier Consul en Egypte, et que celui-ci avait ramené avec lui en France, il étudie toutes les langues et les dialectes sémitiques ; un hindou de caste lui apprend les langues aryennes et par la seule force de son génie, il pénètre le secret des idéogrammes chinois, etc...

C'est durant ces dix années d'étude solitaire, qu'il écrivit ses "Vers dorés de Pythagore" publiés seulement en 1813, précédés d'un discours sur l'essence et la for-me de la poésie, adressé à la section de littérature de l'Institut impérial de France.

Pendant cette époque de silence, Fabre d'Olivet publia, en mai 1811 : "Notions sur le sens de l'ouïe en général et en particulier la guérison de R. Grivel, sourd et muet de naissance". Cette guérison par Fabre d'Olivet fut abondamment commentée par la presse. Il poursuivait à ce moment l'édification de son grand ouvrage d'étymologie "La Langue hébraïque restituée" qu'il parvint à faire sortir en 1815 des presses nationales, grâce à Lazare Carnot. Ouvrage dans lequel on trouve réunies :

- une Dissertation sur l'origine de la Parole, l'étude des langues;

- une Grammaire Hébraïque, fondée sur de nouveaux principes, et rendue utile à l'étude des langues en général;

- une série de Racines hébraïques, envisagées sous des rapports nouveaux, et destinées à faciliter l'intelligence du langage;

- une Traduction en français des dix premiers chapitres du Sépher (la genèse), contenant la Cosmogonie de Moyse..

Cet ouvrage colossal subira le 26 mars 1825 les humeurs de l'Index.

Au milieu de l'année 1820, Fabre d'Olivet forme le projet de raconter sa vie dans un ouvrage intitulé "Mes souvenirs".

Après la chute de l'Empire, voulant donner une grammaire et un vocabulaire de la Langue d'Oc, il vint par deux fois dans les Cévennes et dans sa ville natale en 1816, 1817, avec des lettres du Ministère de l'Intérieur pour recueillir sur place des documents. La Langue d'Oc rétablie, oeuvre énorme, pendant de sa Langue hébraïque restituée, où il s'avance dans le sens de ce qui va être un comparatisme linguistique, où il fixe la langue d'un domaine qui va "des Alpes aux Pyrénées" (Mistral lui doit l'expression).

Le nom de Mistral, celui des Félibres, qui vient spontanément à la plume, nous engage à poser de façon claire que la renaissance occitane du XIXème siècle date de Fabre d'Olivet. C'est lui l'initiateur, c'est lui le véritable "Primadièr". La renaissance occitane est certainement la plus hâtive des renaissances que l'on dira "nationalitaires" d'Europe.

Ouvrons maintenant cet ouvrage. Dans son introduction et sa dissertation, dans les observations de son vocabulaire, Fabre d'Olivet se propose un double objectif : rendre hommage aux Troubadours, et défendre la Langue d'Oc.

Fabre ne peut pas admettre que l'on traite cet idiome de patois. Il insiste longuement, et avec un sens très sûr des qualités littéraires de cette langue, sur sa richesse en monosyllabes, la souplesse des genres, la diversité des suffixes et des diminutifs, la variété des articles, la simplicité des conjugaison

"La Langue française, la première langue de l'Europe et du monde, est assez grande aujourd'hui, assez forte, assez illustre, pour laisser sans jalousie et sans crainte, rendre quelques honneurs à sa sœur aînée (la Langue occitane) que la fortune a trahie" (passage extrait de "La Langue d'Oc rétablie"). De la dernière partie de cet ouvrage, les poèmes du Troubadour, Robert Lafont écrit : "La langue y est admirable de pureté, d'aisance".

Ensuite, il publie en 1822 "l'Histoire philosophique du genre humain", qui nous entraîne des origines du monde à la révolution.

En 1823, publication de "Caïn", mystère dramatique en trois actes et d'un roman abolitionniste et anti-esclavagiste, "Isamore ou le prince africain".

I1 mourut le 25 mars 1825, âgé de cinquante six ans."Le Constitutionnel" lui consacra une nécrologie honorable.

I1 laissait un fils de 14 ans et deux filles de 7 et 18 ans

 

 

 

 

 

 

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